« Du rave à la ré@lité »




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Equipiers:

  • Bernard Saint-Denis, SAINT-DENIS ARCHITECTES-PAYSAGISTES
  • Wade Eide, Atelier BRAQ
  • Peter Fianu, Atelier BRAQ
  • Gilles Dugas, Atelier BRAQ
  • Anne-Marie Matteau
  • Jean-François Gormand
  • Frédérique Gormand

PLANIFIER L’INDÉTERMINÉ

1. LE LIEU

Espace fortuit dans le dess(e)in de la ville, encore silencieux mais néanmoins déjà espace public de plein droit, qui attend son inscription dans l’imaginaire local.

Espace-témoin du processus de formation de la ville dans sa quête des lointains horizons de La Chine.

Fenêtre sur le Faubourg à travers l’épaisseur de la rue McGill; ponctuation d’un parcours qui s’étale d’une figure mythique à l’autre (faut-il les nommer?) ou s’insèrent au passage la place d’Youville, le Square Victoria, le Square du Beaver-Hall, le Square Phillips, véritable chronologie d’un savoir-faire urbain.

Articulation d’un ensemble en voie de réappropriation sous l’impulsion d’un élan pour ce qu’il est maintenant, un aggrégat de pleins et de vides, industrieux et sans prétention, et non pour quelque projection illusoire de ce qu’il pourrait être.

2. LE PARTI

Concrétisation d’une identité locale: espace utile inverti des attributs de ses usages passés, présents et possibles, juxtaposés simplement et sans pudeur, sans artifice.

Espace flexible, donc, imprévisible parce qu’ouvert à l’humeur du moment.

Espace-support qui s’offre comme armature des fictions à venir d’un art d’habiter, toutes pratiques confondues, sans contrainte autre que l’attachement à une idée de la ville mise en oeuvre dans la continuité de l’histoire.

3. LE PROJET

Le repère

Une cheminée-monument, figure simple posée comme clin d’oeil (en gros plan) à l’histoire et comme prétexte à l’évocation amusée de la ville mécanique, véritable périscope de la mégastructure en tréfonds.

L’espace public-réceptacle

Une boîte, dessinée entre ciel et terre par quelques traits métalliques qui transpercent un plancher de bois massif. Figure autonome, l’espace public est à la fois dispositif scénique, support technique et espace-lumière, ouvert à l’interprétation et à une infinité d’installations, y compris à la fabrication d’un jardin public éphémère et mobile, le jardin sur roulettes.

Le cadre

La fenêtre ouverte sur le Faubourg perce un nouvel ensemble symétrique établi sur le flanc ouest de la rue McGill, de par et d’autre de la rue Wellington, par une structure-miroir qui en prolonge la façade tout en dessinant une réciprocité sur les deux faces latérales de l’espace public.

En arrière scène de l’espace public, mais à l’avant-scène du Faubourg, se dresse une nouvelle façade en prolongement des entrepôts de la rue des Soeurs Grises. Son image publique est volontairement indéfinie; elle découle d’un parti-pris pour l’espace poreux, modulé au premier chef par la flexibilité des occupations au sein d’une trame structurale retenant la mitoyenneté comme principe de développement par fragments.

Atelier BRAQ
SAINT-DENIS Architectes-paysagistes
26 novembre 1996



Le Square de Frères Charron

Projet de charrette

Atelier BRAQ
SAINT-DENIS Architectes-paysagistes

La cheminée-repère, véritable monolithe de brique, s’élève au dessus des toits à quarante mètres. Elle recouvre les infrastructures d’accès au collecteur du système d’épuration des eaux, faisant office de ventilateur en même temps qu’elle marque distinctement la porte du faubourg.

La place publique est entièrement voué à l’éphémère: sur son cadre métallique, un simple trait dans l’espace, sont accrochés, suspendus et tendus les éclairage, les toiles légères, les voiles, les câbles et autre dispositifs mettant en "oeuvre" l’utile et l’inutile, voir le simple jeu de la flânerie. Son plancher de bois se déploie sans entrave, suspendu au dessus du sous-sol d’où émane la nuit une lumière diffuse qui s’insinue dans les interstices. Sur ce plancher, les objets du quotidien -chaise etc.- envahissent un jardin éphémère et entièrement mobile dont les pièces sur roulette, sont chacune à sa manière, des clins d’oeil aux stéréotypes du jardin public.

L’architecture cadre et qualifie l’espace public en empruntant comme parti-pris l’utilité sans compromis. Ses espaces correspondent ni plus ni moins aux systèmes structuraux envisagés comme trame minimale, ouverte à tout les usages. Sur ce principe, les insertions projetées sur la rue McGilll, au sud de la place, sont recouverte d’un "voile" dont le dessin est la réciproque des façades existantes au nord, non pas sur le mode de la copie, mais bien sur celui de l’allusion. Le nouveau bâtiment envisagé du coté "Faubourg" de la place s’exprime volontairement en creux, derrière un filtre, une sorte de résille qui renvoie à la perméabilité à l’espace et la lumière comme condition d’un art d’habiter le lieu.

21 janvier 1997

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